19 janvier 2022

Marion Banide

La Présidence française au Conseil de l’Union européenne

Entre ambitions et défis

Le chevauchement du calendrier électoral national et de la présidence française du Conseil de l’Union européenne présente de nombreux défis pour Emmanuel Macron, mais il n’en demeure pas moins une opportunité politique pour le président sortant.

Le mandat de la PFEU agite une opinion publique française de plus en plus polarisée, à l’image des candidats aux élections présidentielles cette année. Elle ravive les tensions politiques entre candidats eurosceptiques (Marine Le Pen, Éric Zemmour, Jean-Luc Mélenchon, Nicolas Dupont-Aignan, pour ne citer qu’eux) et europhiles (Emmanuel Macron, Valérie Pécresse, Yannick Jadot, Christiane Taubira, Anne Hidalgo).

Le maintien de la PFUE par Emmanuel Macron en dépit du calendrier électoral national place l’Europe au cœur de la campagne présidentielle et d’oblige ceux et celles qui veulent lui succéder à se démarquer sur le sujet européen.

La première présidence du conseil de l’Union Européenne en quatorze ans

Le 1er janvier à Paris, de nombreux monuments emblématiques de la capitale tels que la Tour Eiffel, l’Arc de Triomphe, le Louvre ou encore Notre Dame, se sont parés de couleur bleue pour célébrer le début de la présidence française du Conseil de l’Union européenne (PFUE) .

La France n’a pas eu l’occasion de s’acquitter de cette responsabilité depuis quatorze ans, la dernière présidence française remontant à 2008. D’un point de vue politique, la France jouera un rôle de médiateur afin que des consensus soient établis entre les Vingt-Sept États membres. Elle représentera aussi le Conseil dans ses relations avec les autres institutions européennes (la Commission européenne et le Parlement européen). Paris profitera de sa présidence pour mettre en avant des objectifs qu’elle veut fixer à l’Europe.

Toutefois, la tenue d’élections présidentielles nationales en avril 2022, suivies par les élections législatives deux mois plus tard, entretient l’incertitude quant à l’élan que la PFUE sera en mesure d’insuffler à la politique européenne en cas de changement de l’exécutif. La Présidence française sera-t-elle à la hauteur des attentes, ou l’agenda politique national aura-t-il raison des ambitions européennes du Président Macron ?

Un évènement d’une grande portée politique pour Emmanuel Macron

L’Europe a toujours occupé une place prépondérante dans le discours politique d’Emmanuel Macron. Son discours de la Sorbonne en 2017, prononcé quelques mois après son élection, détaillait déjà les priorités de son mandat pour l’Europe – dont beaucoup ont été reformulées lors de son discours de présentation en décembre 2021, en soulignant en creux ce que le président n’a pas réussi à faire avancer ou pas suffisamment, à l’image de l’Europe de la Défense et de la réforme du droit d’asile.

Le maintien de la PFUE par Emmanuel Macron lui offre une occasion unique de renforcer ses références européennes tout en consolidant sa base électorale. Au-delà des mesures concrètes, elle devient ainsi un instrument stratégique de sa campagne, une tribune via laquelle il peut réaffirmer sa vision de l’Europe, un de ses marqueurs politiques. Elle lui permet de revenir à ses fondamentaux – la promotion de la souveraineté européenne et la dénonciation des nationalistes – tout en dessinant les éléments capitaux de son programme.

Une réélection d’Emmanuel Macron à la Présidence de la France renforcerait sa légitimité et ses ambitions pour la PFUE. S’il venait à ne pas être réélu, la question se posera alors de la continuité et la force des engagements pris par la France dans le cadre de son mandat européen. Si changement de président de la République il y a, et pour peu qu’il ou elle soit eurosceptique, qu’adviendra-t-il des priorités établies par Emmanuel Macron ?

Enfin, le télescopage des deux évènements politiques ne devrait pas faire oublier au président française la priorité donnée à d’autres sujets hautement sensibles notamment sur le plan géopolitique. Selon notre expert géopolitique Ed Kronenburg, ancien ambassadeur des Pays Bas en France et partenaire associé chez Hague France Conseil :

Ed Kronenburg

« L'agenda de la présidence française de l'UE est très chargé et ambitieux, dans un contexte d’élections nationales, et ne tient pas encore compte des développements externes qui peuvent changer ou bouleverser le planning initial. Il y a presque maintenant 14 ans de cela, en 2008, la présidence française de l'UE avait dû faire face à la guerre entre la Russie et la Géorgie. Espérons que les tensions actuelles entre la Russie et l'Ukraine s’apaisent et ne conduisent pas à un scénario similaire à celui de 2008 ».

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19 janvier 2022

Marion Banide

hague corporate affairs

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