28 juin 2021

Comment le secteur de l’alimentation végétale peut aider l’Europe à construire un avenir durable

Attilio Caligiani est partenaire du bureau de Bruxelles de Hague Corporate Affairs et Siska Pottie est la fondatrice et secrétaire générale de l’Alliance européenne pour l’alimentation végétale (EAPF). Ensemble, ils ont écrit ce blog sur la façon dont le secteur de l’alimentation végétale peut aider l’Europe à atteindre un avenir durable.

Des personnes de plus en plus nombreuses se tournent vers l’alimentation végétale (aliments à base de légumes, de céréales, de noix, de champignons, d’algues et de légumineuses y compris le soja), dans le but de protéger le climat, la biodiversité, la santé humaine et le bien-être animal. Mais l’acceptation des aliments d’origine végétale n’en est qu’à ses débuts : le secteur ne joue donc pas encore à armes égales avec ceux de la viande et des produits laitiers. Les aliments d’origine végétale peuvent véritablement aider l’UE à construire un avenir durable, mais ils doivent pour cela bénéficier d’une parité réglementaire avec la viande et les produits laitiers, tout en palliant le manque de financement afin de soutenir le développement de la filière et d’accroître la disponibilité des denrées d’origine végétale pour les consommateurs.

Agriculture durable

L’agriculture représente une part non négligeable de l’empreinte carbone de l’UE : près de 70 % de ses émissions de gaz à effet de serre proviennent de l’élevage. Les aliments d’origine végétale sont une véritable opportunité pour plusieurs initiatives européennes en faveur de l’environnement. Citons, par exemple, la stratégie « De la ferme à la fourchette », qui constitue la matrice de la nouvelle politique agroalimentaire de l’UE et vise à accélérer la transition vers des systèmes alimentaires plus durables et plus résilients ; le Pacte Vert pour l’Europe, dont l’objectif est d’atteindre la neutralité carbone en Europe à l’horizon 2050 ; et le programme-cadre Horizon Europe pour la recherche et l’innovation, qui devrait mettre l’accent sur les alternatives végétales aux produits d’origine animale.

Un marché en croissance pour les aliments à base de plantes

D’ici 2025, le marché européen de l’alimentation végétale devrait atteindre 7,5 milliards d’euros. La consommation des ménages a augmenté de près de 10 % par an entre 2010 et 2020. Outre la croissance économique, le secteur permet aux agriculteurs de diversifier leur production, contribuant activement à une meilleure résilience de l’UE face au dérèglement climatique, tout en ouvrant de nouvelles perspectives économiques à de nombreux acteurs. 

Les institutions européennes doivent faire preuve d’un leadership fort pour stimuler l’efficacité de l’industrie agro-alimentaire végétale, la création d’emplois dans le secteur, des conditions de concurrence équitables entre les aliments d’origine végétale et animale, mais également l’accessibilité aux aliments d’origine végétale et l’information des consommateurs sur leurs avantages pour la santé et l’environnement. Il sera également essentiel de mettre en place des dispositifs de promotion de modes d’alimentation plus sains et plus durables, tout en offrant aux aliments d’origine végétale un accès équitable au marché, sur l’ensemble du territoire européen. Il faudrait pour cela supprimer des obstacles tels que des taux d’imposition plus élevés, reconnaître les avantages des régimes alimentaires végétaux pour l’environnement et la santé, et informer les consommateurs au moment de l’achat afin qu’ils puissent comparer leur impact environnemental avec celui des produits laitiers et de la viande.

L’Alliance européenne pour l’alimentation végétale (EAPF)

L’Alliance européenne pour l’alimentation végétale (EAPF) a mené et coordonné la mobilisation contre l’amendement 171 du règlement OCM. Le 25 mai, dans le cadre des négociations inter-institutionnelles entre le Parlement européen, la Commission et le Conseil, elle est parvenue à faire retirer cet amendement imposant des règles de communication strictes aux alternatives végétales aux produits laitiers, et qui aurait empêché d’informer adéquatement les consommateurs en communiquant sur les avantages nutritionnels et environnementaux des aliments végétaux par rapport aux produits laitiers. Ce premier succès est particulièrement encourageant pour le travail de l’EAPF sur d’autres réglementations et politiques qui entravent le développement du secteur – car il s’agit d’offrir aux citoyens européens des options alimentaires plus durables, tout en aidant l’UE à concrétiser ses ambitions climatiques. 

 

Un puissant lobby défend depuis de longues années le secteur de la viande et des produits laitiers. Aujourd’hui, les acteurs de l’alimentation végétale travaillent de concert pour rééquilibrer la balance. L’EAPF a été créée l’année dernière, afin d’unir ces forces et de créer une « coalition de volontaires » pour conduire et accélérer la transition vers des régimes alimentaires végétaux plus durables.

Le secteur des aliments d’origine végétale adopte ainsi une approche collective et multipartite, qui rassemble une variété d’acteurs partageant un intérêt commun : consommateurs, producteurs, startups, entreprises de transformation, ONG, nutritionnistes, grandes et petites entreprises et scientifiques. L’objectif de l’Alliance est de contribuer à promouvoir des systèmes alimentaires durables, en défendant des politiques européennes et nationales qui favorisent les aliments d’origine végétale et reconnaissent leur rôle essentiel dans la transition vers un avenir durable.

Par Attilio Caligiani et Siska Pottie

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28 juin 2021
hague corporate affairs

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